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La vie n'est pas simple pour personne... Mais elle est belle et j'y crois ! Saisons d'une vie... Catégorie : Blog Journal intime Date de création :
01.01.2008 Dernière mise à jour :
30.07.2008
C'est une chanson de Jean-Jacques Goldman qui me résume assez bien, à l'exception du fait que je suis plutôt agoraphobe (la foule m'effraie) et que, donc, je la fuis plus que je ne la suis...
J'voulais t'parler d'ma vie, c'est rare quand ça m'arrive
Un moment suffira y a pas grand chose à dire
Passé trente ans et je sais, au moins j'imagine
Je n'aurai jamais mon nom dans les magazines
Vois-tu je suis de ceux que la foule rassure
On ne peut être rien que parmi des milliers
"Has been" avant d'avoir été c'est un peu dur
Ma vie, tout le monde aurait si bien pu s'en passer
Je te dis pas les peurs, les lueurs et les flammes
Je te dis pas le sang qui fait cigner le coeur
Je te dis pas ces moments si froids et si pâles
Et son visage qui justifiait mes heures
Je suis le cours des choses, je vais où l'on m'entraîne
Je suis de ces gens-là qui ne choisissent pas
Tu peux bien penser que ces vies sont des vies vaines
Mais le hasard invente et colorie parfois
Quand je pense à tout ça, ça m'colle la migraine
Pourquoi vendre toujours quand y a tant à donner ?
T'as beau m'expliquer qu'ça fait partie d'un système
Il me faut bien des pilules pour l'avaler...
A l'aube de l'automne,voilà maintenant trente cinq ans, j'ai éclos sur l'arbre de la vie.
Fruit non désiré que l'on a laissé éclore mais que l'on n'a ensuite ni choyé, ni protégé...comme si l'on souhaitait qu'il pourrisse et disparaisse au plus vite ! J'ai échoué sur cette terre et je me demande encore parfois pourquoi, pour quoi j'y demeure encore; pour quoi je me suis tant battue pour y grandir malgré tous les sévices et coups infligés à mon corps et mon âme depuis ma sixième année...
A l'âge où les enfants découvrent la lecture, les anniversaires entre copains et les jeux de récréation à la "grande école", j'aiappris,moi, à me dé-solidariser de mon corps ! A l'ignorer, à m'en évader mentalement. Il n'était que le jouet de ceux qui s'en amusaient et, douze années durant il a été ainsi battu, brûlé, violé "par jeu" pour assouvir les pulsions de trois hommes que le tribunal définira bien plus tard comme irresponsables parce que "malades victimes de leurs pulsions"... Mon corps était le siège de souffrances et de salissures que je devais taire (personne ne croit une enfant quand trois adultes la contredisent !)et dès que je croisais un miroir, je fuyais qon reflet qui me donnait envie de vomir... Ce que j'y voyais n'était rien d'autre que les blessures et brulures intérieures de cette écorce.
En m'évadant de ce corps, en coupant le lien avec moi, j'ai brisé la logique de la communication ! Comment apprendre le lien au monde, la communication avec tout autre quand on ne sait plus ni dire "je", ni parler tout simplement ?
Comment faire -et apprendre à faire- confiance à des inconnu(e)s lorsqu'au sein de sa propre famille, ceux à qui l'on aurait dû pouvoir tout dire, ceux que l'on aurait dû pouvoir suivre les yeux fermés vous ont menti, salie, battue et réduite au silence, à la soumission, à la honte en vous rendant par leurs mots et menaces coupable, responsable de leur(s) perversion(s)...!?
Je n'ai eu que deux véritables amis dans mon enfance et mon adolescence:
* Le papier...! sur lequel je couchais ce qui me rongeait de l'intérieur.
J'y déposais mes maux en flots de mots et de dessins, mes larmes et cris étouffés en gerbes de phrases inutiles (personne ne les a jamais lues et je les ai détruites il y a deux ans pour avancer vers l'à-venir...)
*Julien...
Compagnon de sport du club de gymnastique où j'avais trouvé un moyen d'évasion autant qu'une raison de croire que la vie pouvait être belle.
Julien avait mon âge, des yeux verts, des cheveux d'ange et un regard qui disait à lui seul tout ce qu'il était en vérité ! Il avait le coeur au bord des yeux, le sourire étincelant... Tout était calme et rassurant dans son attitude et, sans que je ne me l'explique, nous avons su tout nous dire sans un mot dès notre première rencontre. Chacun semblait lire en l'autre comme dans un livre et devinait les craintes, les plaies,les joies, les luttes, les espoirs et l'absence d'espoir...[/b][/b][/SIZE][/COLOR][/FONT]
Julien a su déverrouiller le silence dans lequelj'étais engluée sans aucun effort ! En étant là tout simplement, en étant lui naturellement et invariablement. Que ce soit au club, au collège, lors de nos sorties au musée ou en bibliothèques, il était toujours égal !
Avec lui, grâce à lui, j'ai appris à formuler oralement ce que je couchais sur des cahiers... J'ai appris à sourire, à rire, à respirer, à délier mon corps pour effectuer sans douleur ni stress les enchaînements imposés ou/et créés par nous-mêmes pour les compétitions...J'ai appris à faire confiance et à me laisser toucher, regarder, approcher sans en devenir blême ou cramoisie !
Julien savait trouver les mots, les gestes et les silences adaptés à chaque situation. Il savait surtout sentir, deviner ce que telle situation provoquait en moi de craintes, de gène, de terreur ou de bonheur. Chaque médaille que j'ai gagnée pendant mes années de compétition, je les lui ai offertes parce qu'elles n'intéressaient personne chez moi mais surtout parce que chacune était le fruit et le symbole du pas, du cap franchi grâce à lui dans la Vie qui devenait de plus en plus pour moi une roseraie aux parfums subtils et délicieux.
Julien m'a fait découvrir le dessin, la nature, les fleurs. Nous avions en commun ce côté enfant qui s'émerveille d'un arc-en-ciel, d'un coucher ou d'un lever de soleil sur un étang, d'un cygne qui joue à cache-cache dans les roseaux... Un rien nous faisait pousser des "Waouh !!" Un rien nous faisait plaisir, un rien nous faisait pleurer ! Nous étions curieux de tout et nous aimions passer des heures dans les bibliothèques du collège, de la ville pour faire des dossiers qui ne servaient qu'à nous faire vivre du temps ensemble tout en apprenant et découvrant des réponses à nos questions, des nouvelles questions à creuser, des hypothèses à vérifier, à confronter... L'internet n'existait pas encore vraiment et les bibliothèques, pour deux jeunes fous curieux, étaient de vraies malles aux trésors !!
J'ai appris tout ce que je sais de la beauté de la vie grâce à ce jeune garçon qui, sans jamais rien demander en retour, m'a offert son temps, son écoute, ses bras chaque fois que je ne savais plus tenir debout seule. Il m'a empêché de sombrer dans l'anorexie, il m'a soutenue dans les compétitions alors qu'aucun de ma famille ne s'y est jamais rendu ! Il m'a soutenue et encouragé dans mon combat pour vivre et sourire malgré tout.
Quand les médecins m'ont parlé de leucémie la première fois, il était là, avec moi, et je n'oublierai jamais ce jour parce que lui que j'appelais "mon petit prince" l'a été pour de vrai ! Combien de garçons de dix-sept ans restent souriants, présents et sans changer d'attitude quand la fille à qui ils avouent leur amour ne sait que répondre "je ne mérite pas que tu t'attaches à moi : je suis malade et n'ai rien à t'offrir !", combien resteraient avec cette fille cruche qui aime évidemment ce garçon mais se laisse paralyser par ses plaies, son angoisse de l'avenir et ses souvenirs des violences passées...? Julien est resté égal à lui-même, m'a dit qu'il comprenait, que ça ne changeait rien pour lui et qu'il attendrait que je sois prête pour que nous en reparlions sérieusement ! Il n'a pas eu le temps.
Pas eu le temps de vivre, pas eu le temps de savoir combienje l'aimais réellement de toutes mes forces et de toute mon âme. Sa vie s'est terminée contre un platane à quelques jours de mes vingt ans. Sa moto s'est lovée autour du tronc. Son corps propulsé est retombé sur la route tel un pantin de chiffons, désarticulé et moi qui étais dans la voiture "suiveuse" je n'ai rien pu faire que hurler un NON,me jeter hors du vehicule puis sur Julien. Le supplier de me répondre, de s'accrocher, lui hurler que je l'aimais, qu'il fallait qu'il entende, qu'il reste avec moi. Le jour de son incinération j'aurais aimé qu'on me brûle moi, pouvoir échanger ma place avec lui, lui offrir la vie : il avait tant de capacités t de choses à découvrir encore, tant de personnes le pleuraient alors que moi, lorsque je partirai je sais que je manquerai à si peu...
J'avais enterré mon cher papa au début de cette même année... L'année de mes vingt ans fut la pire de mon existence parce qu'elle m'a enlevé les deux êtres qui comptaient le plus pour moi, les deux seuls qui me comprenaient, me protégeaient, me rassuraient et m'aimaient en vérité...
A vingt ans, avec pour qeul bagage mon baccalauréat et mon coeur en morceaux, j'ai dû quitter la terre qui m'avait vue naître, cette terre qui m'avait repris les deux seules fleurs qu'elle m'avait offertes !
j'ai cherché un sens à la vie, des réponses à toutes mes questions et des explications sensées pour comprendre pourquoi j'étais malade, pourquoi les personnes meurent avant d'avoir vécu, pourquoi le bonheur quand il naît semble se hâter de mourir...
J'ai cru pouvoir trouver un sens et des réponses dans la religion et j'ai étudié la théologie pendant un an ! Mais, bien que cette année-là je découvris la Manche et eus un aperçu de la Bretagne où je rêve de retourner depuis pour mieux la découvrir, je n'ai rien trouvé en Dieu qui sache m'expliquer pourquoi moi que les médecins ont maintes fois déclarée incurable je reste en vie et pourquoi ceux que j'aime et qui me donnent tant de courage meurent alors qu'ils sont en pleine fleur de l'âge, en pleine santé, en pleine croissance...
Je n'ai rien "contre" Dieu ! Je crois qu'il est quelque chose "après", quelqu'un "au-dessus" parce qu'il ne me semble pas possible que tout s'achève au seuil d'une boîte de quatre planches !
Ce que je n'admets pas ce sont toutes ces personnes qui, quelle que soit la religion, prête à Dieu des traits et des intentions qui ne servent qu'à excuser ou appuyer la volonté et l'attitude des hommes. On peut tout faire porter et tout faire dire à Dieu, comme par exemple ce que j'ai maintes fois entendu : "Tu dois l'accepter puisque Dieu l'a voulu ainsi..."
Je ne peux pas croire (pardon) que Dieu ait désiré la mort de ceux que je nomme désormais mes "anges"...
Je ne peux pas croire que Dieu ait désiré que je souffre ce que j'ai subi jusqu'à 18 ans, et encore moins croire qu'il ait désiré que je développe la maladie contre laquelle je me bats depuis quinze ans sans aucun soutien moral ou affectif.
Dieu est un coupable idéal ! Dieu est un refuge idéal ! Dieu est pour beaucoup comme un tiroir-caisse : ontape sa commande sur des touches, on met un petit cierge pour lui plaire, on lui en promet d'autres en paiement et on espère qu'en retour il va honorer notre commande... Et quand ça ne fonctionne pas, on se hâte de dire "Dieu est un salaud !" "il n'existe pas !"... Je vous dirai sincèrement que s'il existe et si nous sommes "à son image", je ne voudrais pas être à sa place quand il se regarde dans le miroir parce qu'à bien considérer, le pauvre doit avoir souvent la nausée...
Pour honorer la promesse faite à mes anges de toujours "être forte" et de me battre pour rester debout contre vents et marées, je suis allée là où le travail m'appelait, m'invitait. Dans le Nord d'abord m'occuper de poules et de chiens; dans le poitou ensuite auprès de personnes âgées une année, puis auprès de quelques mille cinq cent enfants de maternelle et primaire pendant cinq ans...
Toutes ces années, je les ai vécues en ne gardant aucune minute ni seconde à moi afin d'éviter de penser à la maladie, afin d'éviter de ma projeter, de m'attacher, de me laisser apprivoisée par quelqu'un... Les projets qui germaient parfois étaient tellement vite balayés par les médecins quand ils suggéraient de nouveaux examens,un cycle de chimio, un arrêt de travail, une intervention... Je ne voulais pas perdre une seconde de vie parce que je savais que la vie s'en va sans préavis ! Et je ne voulais rien garder pour moi puisque tout me disait que moi je ne resterais pas...
J'ai encore cette philosophie aujourd'hui même si j'essaie de plus en plus de croire que j'ai le droit de me faire un peu plaisir, de vivre des choses pour moi-même, de me laisser aimer et d'aimer simplement au présent sans rien taire de la maladie mais sans la laisser miner tout en moi ! Comme tous, je n'ai qu'une seule vie et j'ai failli la perdre trop de fois depuis 15 ans pour savoir que lorsque la mort s'invite, il est trop tard pour les "si j'avais su" ou les "j'aurais tant voulu"... On emporte avec soi, quel que soit le voyage, que ce que l'on a donné par et avec coeur...je la crois ! A l'heure de moourir, on est aussi nu et dépouillé qu'à l'heure de notre naissance : le coeur pour seul bagage avec, gravés en lui, les couleurs et les visages et les parfums de ce(ux) qui nous fu(ren)t offert(s) et de qui/quoi nous avons su accepter de recevoir autant sinon plus que nous avons donné...(C'est fou ce que c'est difficile de recevoir pour beaucoup !!!)
La vie est belle et c'est parce que je le crois, parce que je crois aussi qu'elle est ce que l'on en fait que j'ai lutté (et continue) toutes ces années pour ne pas être une feuille d'automne qui pourrit sous les pieds qui l'écrasent ! Je me bats contre la fatalité des diagnostics et pronostics médicaux et je souris toujours parce que nul ne mérite que je lui impose une tête fatiguée, creusée, usée par l'angoisse, la souffrance ou des mauvais résultats...! Je ne suis riche que de tout ce que mon coeur porte de rêves et d'espoirs fous !
Je suis malade mais debout et je vole, comme ces papillons de printemps qui virevoltent légers bien que leur vie soit éphémère...
Certes, dans notre société, il faut à tout prix taire la maladie parce que l'homme refuse d'admettre et d'affronter son implacable mortalité... Mais que chacun soit conscient que cela n'arrive pas qu'aux autres ! Aussi, si chacun essayait d'être avec et pour l'autre -en toute occasion- tel qu'il/elle aimerait que l'autre soit avec et pour lui/elle, je crois bien que de manière générale,il y aurait bien moins de déprime et bien plus de "bon(s) jour(s)" et de bon(nes)heur(es) de par notre vieille terre...!
Aujourd'hui, parce qu'il faut vivre au présent et laisser son passé derrière soi, je continue ma route seule et debout...
Après une année 2006 marquée par une longue période d'errance (j'ai vécu dans la rue non par choix mais obligée par les aléas de la vie), j'ai retrouvé un équilibre certes précaire mais quand même... J'ai un emploi à mi-temps depuis maintenant un peu plus d'un an, un logement décent depuis sept mois que j'essaie de réussir à assumer financièrement malgré tout, quitte à ne pas manger lorsque j'arrive tout juste à règler les factures imputables à ce toit et depuis peu, on m'a offert un vieil ordinateur pour me permettre de ne plus être isolée... Il parait que l'on fait pas mal de rencontres via le net !!
Je vous avouerai que je ne cherche pas franchement à rencontrer des personnes dans le sens où beaucoup semblent l'entendre : l'amour virtuel ne me parait pas très sain et vu mon passé, je ne suis absolument pas branchée sur le sujet ! Cependant, si je peux avoir des commentaires de divers horizons sur ma façon de voir, dire et vivre les choses cela peut vraiment m'être une aide pour avancer et grandir encore en sérénité. Alors, que ceux qui auront le courage de lire mes mots n'hésitent pas à laisser leurs commentaires, je vous promets de les lire et d'y répondre pour autant que vous me laisserez une adresse où pouvoir le faire.
Je suis hyper complexée pour tout ce qui me concerne : à force de toujours entendre que je n'arriverais jamais à rien, mon inconscient a imprimé l'étiquette de merde qui ne se décolle plus du mot moi ! Je n'ose jamais rien faire ou dire sans m'excuser par avance tellement je reste quasi convaincue de ne pas réussir à satisfaire la demande ou/et l'attente que l'on me soumet... Le fait d'être malade n'arrange rien : j'ai peur que les autres s'attachent et qu'ils souffrent le jour où, comme ces jours-ci, je serai trop faible pour me tenir debout sans perfusion, sans aide médicamenteuse...Le jour où je quitterai mon écorce prison, ce corps si douloureux... Ce jour-là, je ne veux pas que les autres soient tristes. L'essentiel est ailleurs, invisible pour les yeux comme dit le Petit Prince (un livre merveilleux). Chaque seconde de vie m'est un trésor que j'essaie de savourer pleinement comme on déguste un succulent gâteau en ne voulant en perdre aucune miette. Puisque j'aurais ainsi vécu chaque instant, en donnant, en apprenant à recevoir de ceux qui veulent partager et donner, alors il n'y aura vraiment aucune raison d'être triste... Personne ne s'attriste d'une fleur qui jaillit du bouton qui l'enfermait ! Ni d'un papillon qui s'extirpe de sa chrysalide ! La mort n'est qu'une forme de naissance, je le crois, et pour l'avoir frôlé à maintes reprises depuis quinze ans que je me bats contre la maladie, je n'en ai vraiment absolument plus peur...
J'ai rencontré en juillet 2007 une personne exceptionnelle, de dix ans mon aîné. Un homme spontané, follement sensé et sensément fou !! Moi qui ai une peur bleue des inconnus je ne sais pas comment expliquer qu'au bout d'un quart d'heure, nous nous soyons parlé de tout et de rien comme si nous avions fait nos classes ensemble !! J'allais le voir pour mon logement, je suis ressorti de son bureau avec la sensation d'exister pour quelqu'un et cela ne m'était pas arrivé depuis une éternité ! Je ne parle pas d'amour ! C'est un lien particulier qui s'est tissé entre nos deux coeurs, est-ce cela que l'on nomme l'âme soeur ??
Pour mes trente cinq ans, en septembre, je suis allée avec lui dans un pays qui me faisait rêver depuis longtemps et je vous raconterai ce voyage dans un prochain billet... Ces quelques jours au Maroc ont été merveilleux, loin des touristes, sans aucun programme imposé, juste lui et moi à la rencontre des terres et des personnes, à la rencontre de nous-mêmes peut-être aussi certainement... Quelle bonheur de se sentir vivre, libre, en paix et profondément heureuse !!
Pour finir aujourd'hui, bien que je ne sois pas une adepte des voeux que je trouve de plus en plus vides de sens au sein de notre société, je souhaite à chacun une BONNE et HUMAINE ANNEE 2008...
J'ai reçu ce soir un mail de Côté blog me félicitant parce que mon blog avait été validé...il y a dans leur message un code que je dois coller à l'emplacement prévu me disent ils mais voilà, beaucoup surement en riront, mais je ne vois pas où est cet emplacement... Je ne peux donc pas coller ce code en question, et si l'un d'entre eux visite mon blog et s'étonne de ne pas voir la mention "validé par l'équipe de Côté blog" sur mon blog, il faudra qu'il pardonne à mon ignorance de débutante... Qu'il sache, lui et son équipe, en tout cas que cette validation et leurs félicitations me vont droit au coeur et me touchent réellement beaucoup... Merci à tous.
Je suis de plus en plus effarée et écoeurée de constater à quel point le monde ne tourne qu'autour de trois pôles qui lui paraissent essentiels : le sexe, l'argent, le paraître...
Le sexe...
A croire que sans ça on ne peut pas vivre ! Evidemment, sans, on ne peut pas s'assurer une descendance mais entre nous, très franchement, si je devais être mère un jour - ce qui je sais n'arrive plus !-j'aurais toutes les peines du monde à dire à mon enfant : "avance !N'aie pas peur !" Je ne pourrais pas lui dire "suis ton coeur en toutes occasions" parce que je sais trop que, dans le monde en son état actuel, si l'on suit son coeur, on est mort ! On se fait écraser, rejeter, exclure...
Dans les rues de ma ville en sortant du travail pendant cette période de fêtes de fin d'année, j'ai vu des gens se ruer dans les magasins pour les courses "de dernière minute"... Ils étaient comme des clones !! Tous tête baissée, trottinant comme poussés par une fièvre démentielle, les yeux rivés sur leurs pieds comme pour être sûrs qu'ils en mettaient bien un devant l'autre !! Ce n'est pas juste parce que c'est fêtes...non ! Cette attitude-là est courante toute l'année !
Vous êtes-vous déjà amusés à vous poster, ne serait-ce qu'une heure, à un endroit choisi dans votre ville et à dire "bon jour" aux gens qui passent ?... C'est un jeu édifiant, mais c'est vrai que je suis très stupide de l'avoir expérimenté !
Il y a ceux qui ont peur, même si vous n'avez l'air de rien (comme moi); il y a ceux qui vous marcheraient dessus comme s'ils ne vous avaient pas vus ni entendus, habitués qu'ils sont à se croire et se voir seuls maîtres de l'univers et du temps ! Il y a ceux qui vont s'arrêter comme électrochoqués parce qu'ils croyaient que ce petit mot-là avait disparu des bouches et des dictionnaires... Ceux qui vous répondront et vous remercieront émus ou simplement polis... Et ceux qui vous regarderont d'un air outré en vous demandant, presqu'hurlant,"non, mais ça ne va pas !?"...
Le monde est tordu parce que depuis trop d'années nous avons tous oublié, et de plus en plus fort, qu'avant d'être individualiste nous sommes des individus ! Nous avons oublié que la vie n'est pas qu'une succession ni une juxtaposition de plages horaires, de chèques, de numéros, de possession... Qu'est-ce que vivre ? Qui s'est honnêtement posé cette question ? Qui se la pose encore ?
J'ai peine à respirer dans ce monde parce que je n'y trouve pas ma place : trop bête aux yeux des "modernes", trop cruche aussi parce que je parle de partage, parce que je ne sais pas encore bien dire non... Trop tâche dans le décor de certains parce que, dans le milieu où je travaille, je n'ai pas la coiffure ni la tenue adéquate et encore moins la posture genre "girafe sur des pique-choux"... Je n'ai jamais été de ce monde ! Mais si rares fussent-elles, quelques personnes ont su au cours de existence me prouver que l'Homme est aussi foncièrement bon qu'il est foncièrement con ! et je garde encore l'espoir qu'un jour, avant qu'il ne soit réellement trop tard, chacun prendra conscience qu'il a sa part de responsabilité et de responsabilisation (chacun à son échelle) de ce qu'est, devient et deviendra le monde...
Les malheurs et maladies font souvent ouvrir les yeux et les coeurs, mais sincèrement, ceux qui ne savent pas les ouvrir avant ni sans cela doivent le faire exprès de nos jours...: Autrefois, la communication manquant, on pouvait se parer d'un "je ne savais pas"... Aujourd'hui, NON !!
Aujourd'hui, l'art de se désinformer est grand, l'art de "l'intox" aussi...
Ainsi, pour mieux faire oublier un sujet qui fâche un grand nombre, nos politiques et médias nous servent sur un plat doré où la foule picore sans rechigner (!) les aventures sentimentales d'un président... Pour nous faire oublier les misères environnantes, les nôtres peut-être, pour mieux les masquer et exclure un peu plus encore les personnes qui en souffrent, on nous éblouit de paillettes, de guirlandes, de voeux multiédulcorés !... les villes scintillent de milles feux onéreux pendant plusieurs semaines et...dans ces mêmes villes, pour certains, rien n'est plus chaud, plus beau, plus humain...
Mes sentiments et mes mots ne changeront pas le monde ni ne gommeront les injustices et les inégalités...J'ai vécu des mois dans la rue et je sais ce que cela signifie, provoque, inflige...A tous les bien-pensants qui scandent que "celui/celle qui s'y retrouve le veux bien..." je réponds avec véhémence et colère : FAUX ! Et à ceux-là, je souhaite que jamais la vie ne les y pousse parce que je ne suis pas certaine qu'ils sauraient survivre à pareille expérience...
Pardon.Il y a des jours où ma colère est grande et où j'ai profondément la nausée du monde !
Dans mon imaginaire, sûrement parce que l'enfant en moi n'est pas mort, Noël c'est la fête de la VIE ! C'est Noël tous les jours si l'on essaie d'être humain au quotidien... Humain, c'est-à-dire soi, vrai, avec ses joies et ses colères et ses fatigues et ses rêves... Partageant tout cela simplement, sans rien attendre en retour...
J'ai dû m'égarer sur cette planète ! Je rêve parfois que l'on m'en ôte pour ne plus déranger personne...
Ma solitude est cannibale
elle me ronge !
Je suis de terre et de feu
besoin de nature, d'air, de liberté !
Friable, émiettable à la moindre émotion
et pourtant si dure à briser parce que cimentée
de toutes les larmes emprisonnées depuis trente ans...
Besoin de la chaleur vivifiante et pure d'une amitié gratuite, sereine, qui ne juge pas ni ne modèle... Qui partage sans calcul, sans équivoque, équitablement, dans un ballet permanent d'accueils et de dons de/à soi, de/à l'autre...
Ma solitude est cannibale
elle suce(ra) jusqu'à ma moëlle !
Sans racines et sans aucune place ici-bas
je n'ai qu'un sens à ma vie : DONNER !
Laisser l'autre puiser ce qu'il voudra
Laisser l'autre s'abreuver et se nourrir jusqu'à ce qu'il soit repu
Sans rien attendre pour moi-même
Sans rien espérer parce que l'espoir est vain souvent...
sans rien désirer de plus que
le sentiment d'avoir au moins su être potable, énergisante pour tout autre
malgré mon indigestion de la/ma vie...
[b]Cours avec coeur et rage, avec force, avec foi
Où t'emporte et te guide le chemin de tes rêves
Une vie n'a rien d'acquis, et s'avère brève parfois
Rires et larmes s'y mêlent autant que luttes et trèves
Accorde-toi ce luxe d'être TOI, corps et âme
Grandis à tout instant, et que jamais la flamme
En toi ne s'affaiblisse :
comme un astre, un soleil, qu'elle te réchauffe toujours...
Je n'aime pas la politique ni la médiatisation à outrance, ce qui me fait fuir allégrement tout ce qui est journaux, magazines, informations et autres journaux télévisés... Suivre l'actualité n'est plus une priorité pour moi depuis longtemps : Les médias nous disent-ils toute la vérité ou seulement leur vérité ?! Celle qui leur est imposée de diffuser ? Celle que d'autres leur demandent de saupoudrer édulcorée ou dramatisée...? Si je me prends à regarder les informations plusieurs jours de suite, j'ai tellement la sensation de n'avoir rien manqué tous les jours où je ne les ai pas suivies ! Toujours les mêmes sujets, le mêmes drames, les mêmes préoccupations...! Et jamais des sujets plus humains ! On nous parle des vies privées, des salaires exhorbitants, des petits bobos des V.I.P, des politiques et autres personnalités mais qui va interviewer le jeune anonyme qui a créé une association de vie dans son quartier ? Qui va parler d'une localité perdue qui soutient ses aînés et les aide dans leur quotidien toute l'année ? Qui va parler de ces parents et familles de malades qui agissent dans l'ombre et soutiennent sans subvention d'autres familles isolées ?... Oh ! bien sûr, on en parle, une fois l'an, lors du Téléthon à la rigueur : on les pousse sous mille feux pour apaiser nos consciences, on marchande leur histoire contre des dons et on les oublie jusqu'à l'année d'après, les replongeant dans l'ombre d'où on les avait extirpés... Télé-troc... Télé-réalité... Quelle réalité ?!?
Parce que je n'ai pas les moyens suffisants pour vivre moi-même décemment, et parce que je n'adhère pas franchement à ce principe de marchandage, je n'ai jamais fait de dons au Téléthon ou autre - cela m'a toujours paru si simple de sortir un peu d'argent et d'oublier... Mais je suis malade, et je sais que pour certains malades et familles, cette médiatisation et cet appel aux dons est leur seul moyen d'exister, d'espérer, de se faire entendre et ça fait mal de voir et de savoir toutes les dépenses inutiles de nos gouvernements et le manque d'argent que connait la recherche pour aider tous ceux-là... Alors, cette année, j'ai donné ce que j'ai pu, une larme dans un océan mais j'espère qu'il est une façon plus régulière de soutenir ces anonymes parce que donner une miette et s'en aller me parait bien inutile...
Dans l'actualité, il est un autre sujet qui me fait mal depuis longtemps : INGRID...
Cette jeune femme détenue en Colombie depuis toutes ces années sans que rien ne semble ssavoir ni pouvoir libérer. Quel est son crime sinon la seule audace qu'elle eut de dire sa vision des choses et sa pensée...? L'a-t-on enlevée pour mieux la faire taire...? Enlevée pour le seul geste ?..parce que dans ce pays l'enlèvement est presque une routine, une banalité !
Alors oui, les médias en parlent et l'affichent et se mobilisent autour de son nom. Mais que font nos gouvernements ?
Pour quelles raisons, par quelle logique, rien n'a encore su ramener Ingrid à ses enfants qui se battent et se démènent admirablement, à sa vie, à sa famille ?
MESSIEURS QUI AVEZ LES POUVOIRS, ET LES RECOOURS ET LES CLES, FAITES S'IL VOUS PLAIT, TOUT -VRAIMENT TOUT- CE QUE VOUS POUVEZ POUR LIBERER INGRID.
Elle (et les siens aussi) se moquera bien des plaques de rues et des photos déroulées sur les édifices si elle ne survit pas à sa captivité... Les paroles sans les actes sont vaines, SORTEZ-LA DE CETTE JUNGLE, RENDEZ-LUI SA VIE...