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Nom du blog :
viou
Description du blog :
La vie n'est pas simple pour personne... Mais elle est belle et j'y crois ! Saisons d'une vie...
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
01.01.2008
Dernière mise à jour :
30.07.2008
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Pourrir ou s'envoler...

Posté le 01.01.2008 par viou
A vingt ans, avec pour qeul bagage mon baccalauréat et mon coeur en morceaux, j'ai dû quitter la terre qui m'avait vue naître, cette terre qui m'avait repris les deux seules fleurs qu'elle m'avait offertes !

j'ai cherché un sens à la vie, des réponses à toutes mes questions et des explications sensées pour comprendre pourquoi j'étais malade, pourquoi les personnes meurent avant d'avoir vécu, pourquoi le bonheur quand il naît semble se hâter de mourir...
J'ai cru pouvoir trouver un sens et des réponses dans la religion et j'ai étudié la théologie pendant un an ! Mais, bien que cette année-là je découvris la Manche et eus un aperçu de la Bretagne où je rêve de retourner depuis pour mieux la découvrir, je n'ai rien trouvé en Dieu qui sache m'expliquer pourquoi moi que les médecins ont maintes fois déclarée incurable je reste en vie et pourquoi ceux que j'aime et qui me donnent tant de courage meurent alors qu'ils sont en pleine fleur de l'âge, en pleine santé, en pleine croissance...

Je n'ai rien "contre" Dieu ! Je crois qu'il est quelque chose "après", quelqu'un "au-dessus" parce qu'il ne me semble pas possible que tout s'achève au seuil d'une boîte de quatre planches !
Ce que je n'admets pas ce sont toutes ces personnes qui, quelle que soit la religion, prête à Dieu des traits et des intentions qui ne servent qu'à excuser ou appuyer la volonté et l'attitude des hommes. On peut tout faire porter et tout faire dire à Dieu, comme par exemple ce que j'ai maintes fois entendu : "Tu dois l'accepter puisque Dieu l'a voulu ainsi..."
Je ne peux pas croire (pardon) que Dieu ait désiré la mort de ceux que je nomme désormais mes "anges"...
Je ne peux pas croire que Dieu ait désiré que je souffre ce que j'ai subi jusqu'à 18 ans, et encore moins croire qu'il ait désiré que je développe la maladie contre laquelle je me bats depuis quinze ans sans aucun soutien moral ou affectif.

Dieu est un coupable idéal ! Dieu est un refuge idéal ! Dieu est pour beaucoup comme un tiroir-caisse : ontape sa commande sur des touches, on met un petit cierge pour lui plaire, on lui en promet d'autres en paiement et on espère qu'en retour il va honorer notre commande... Et quand ça ne fonctionne pas, on se hâte de dire "Dieu est un salaud !" "il n'existe pas !"... Je vous dirai sincèrement que s'il existe et si nous sommes "à son image", je ne voudrais pas être à sa place quand il se regarde dans le miroir parce qu'à bien considérer, le pauvre doit avoir souvent la nausée...

Pour honorer la promesse faite à mes anges de toujours "être forte" et de me battre pour rester debout contre vents et marées, je suis allée là où le travail m'appelait, m'invitait. Dans le Nord d'abord m'occuper de poules et de chiens; dans le poitou ensuite auprès de personnes âgées une année, puis auprès de quelques mille cinq cent enfants de maternelle et primaire pendant cinq ans...

Toutes ces années, je les ai vécues en ne gardant aucune minute ni seconde à moi afin d'éviter de penser à la maladie, afin d'éviter de ma projeter, de m'attacher, de me laisser apprivoisée par quelqu'un... Les projets qui germaient parfois étaient tellement vite balayés par les médecins quand ils suggéraient de nouveaux examens,un cycle de chimio, un arrêt de travail, une intervention... Je ne voulais pas perdre une seconde de vie parce que je savais que la vie s'en va sans préavis ! Et je ne voulais rien garder pour moi puisque tout me disait que moi je ne resterais pas...
J'ai encore cette philosophie aujourd'hui même si j'essaie de plus en plus de croire que j'ai le droit de me faire un peu plaisir, de vivre des choses pour moi-même, de me laisser aimer et d'aimer simplement au présent sans rien taire de la maladie mais sans la laisser miner tout en moi ! Comme tous, je n'ai qu'une seule vie et j'ai failli la perdre trop de fois depuis 15 ans pour savoir que lorsque la mort s'invite, il est trop tard pour les "si j'avais su" ou les "j'aurais tant voulu"... On emporte avec soi, quel que soit le voyage, que ce que l'on a donné par et avec coeur...je la crois ! A l'heure de moourir, on est aussi nu et dépouillé qu'à l'heure de notre naissance : le coeur pour seul bagage avec, gravés en lui, les couleurs et les visages et les parfums de ce(ux) qui nous fu(ren)t offert(s) et de qui/quoi nous avons su accepter de recevoir autant sinon plus que nous avons donné...(C'est fou ce que c'est difficile de recevoir pour beaucoup !!!)

La vie est belle et c'est parce que je le crois, parce que je crois aussi qu'elle est ce que l'on en fait que j'ai lutté (et continue) toutes ces années pour ne pas être une feuille d'automne qui pourrit sous les pieds qui l'écrasent ! Je me bats contre la fatalité des diagnostics et pronostics médicaux et je souris toujours parce que nul ne mérite que je lui impose une tête fatiguée, creusée, usée par l'angoisse, la souffrance ou des mauvais résultats...! Je ne suis riche que de tout ce que mon coeur porte de rêves et d'espoirs fous !
Je suis malade mais debout et je vole, comme ces papillons de printemps qui virevoltent légers bien que leur vie soit éphémère...

Certes, dans notre société, il faut à tout prix taire la maladie parce que l'homme refuse d'admettre et d'affronter son implacable mortalité... Mais que chacun soit conscient que cela n'arrive pas qu'aux autres ! Aussi, si chacun essayait d'être avec et pour l'autre -en toute occasion- tel qu'il/elle aimerait que l'autre soit avec et pour lui/elle, je crois bien que de manière générale,il y aurait bien moins de déprime et bien plus de "bon(s) jour(s)" et de bon(nes)heur(es) de par notre vieille terre...!



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Mon Petit Prince

Posté le 01.01.2008 par viou
Julien a su déverrouiller le silence dans lequelj'étais engluée sans aucun effort ! En étant là tout simplement, en étant lui naturellement et invariablement. Que ce soit au club, au collège, lors de nos sorties au musée ou en bibliothèques, il était toujours égal !
Avec lui, grâce à lui, j'ai appris à formuler oralement ce que je couchais sur des cahiers... J'ai appris à sourire, à rire, à respirer, à délier mon corps pour effectuer sans douleur ni stress les enchaînements imposés ou/et créés par nous-mêmes pour les compétitions...J'ai appris à faire confiance et à me laisser toucher, regarder, approcher sans en devenir blême ou cramoisie !
Julien savait trouver les mots, les gestes et les silences adaptés à chaque situation. Il savait surtout sentir, deviner ce que telle situation provoquait en moi de craintes, de gène, de terreur ou de bonheur. Chaque médaille que j'ai gagnée pendant mes années de compétition, je les lui ai offertes parce qu'elles n'intéressaient personne chez moi mais surtout parce que chacune était le fruit et le symbole du pas, du cap franchi grâce à lui dans la Vie qui devenait de plus en plus pour moi une roseraie aux parfums subtils et délicieux.

Julien m'a fait découvrir le dessin, la nature, les fleurs. Nous avions en commun ce côté enfant qui s'émerveille d'un arc-en-ciel, d'un coucher ou d'un lever de soleil sur un étang, d'un cygne qui joue à cache-cache dans les roseaux... Un rien nous faisait pousser des "Waouh !!" Un rien nous faisait plaisir, un rien nous faisait pleurer ! Nous étions curieux de tout et nous aimions passer des heures dans les bibliothèques du collège, de la ville pour faire des dossiers qui ne servaient qu'à nous faire vivre du temps ensemble tout en apprenant et découvrant des réponses à nos questions, des nouvelles questions à creuser, des hypothèses à vérifier, à confronter... L'internet n'existait pas encore vraiment et les bibliothèques, pour deux jeunes fous curieux, étaient de vraies malles aux trésors !!

J'ai appris tout ce que je sais de la beauté de la vie grâce à ce jeune garçon qui, sans jamais rien demander en retour, m'a offert son temps, son écoute, ses bras chaque fois que je ne savais plus tenir debout seule. Il m'a empêché de sombrer dans l'anorexie, il m'a soutenue dans les compétitions alors qu'aucun de ma famille ne s'y est jamais rendu ! Il m'a soutenue et encouragé dans mon combat pour vivre et sourire malgré tout.
Quand les médecins m'ont parlé de leucémie la première fois, il était là, avec moi, et je n'oublierai jamais ce jour parce que lui que j'appelais "mon petit prince" l'a été pour de vrai ! Combien de garçons de dix-sept ans restent souriants, présents et sans changer d'attitude quand la fille à qui ils avouent leur amour ne sait que répondre "je ne mérite pas que tu t'attaches à moi : je suis malade et n'ai rien à t'offrir !", combien resteraient avec cette fille cruche qui aime évidemment ce garçon mais se laisse paralyser par ses plaies, son angoisse de l'avenir et ses souvenirs des violences passées...? Julien est resté égal à lui-même, m'a dit qu'il comprenait, que ça ne changeait rien pour lui et qu'il attendrait que je sois prête pour que nous en reparlions sérieusement ! Il n'a pas eu le temps.
Pas eu le temps de vivre, pas eu le temps de savoir combienje l'aimais réellement de toutes mes forces et de toute mon âme. Sa vie s'est terminée contre un platane à quelques jours de mes vingt ans. Sa moto s'est lovée autour du tronc. Son corps propulsé est retombé sur la route tel un pantin de chiffons, désarticulé et moi qui étais dans la voiture "suiveuse" je n'ai rien pu faire que hurler un NON,me jeter hors du vehicule puis sur Julien. Le supplier de me répondre, de s'accrocher, lui hurler que je l'aimais, qu'il fallait qu'il entende, qu'il reste avec moi. Le jour de son incinération j'aurais aimé qu'on me brûle moi, pouvoir échanger ma place avec lui, lui offrir la vie : il avait tant de capacités t de choses à découvrir encore, tant de personnes le pleuraient alors que moi, lorsque je partirai je sais que je manquerai à si peu...
J'avais enterré mon cher papa au début de cette même année... L'année de mes vingt ans fut la pire de mon existence parce qu'elle m'a enlevé les deux êtres qui comptaient le plus pour moi, les deux seuls qui me comprenaient, me protégeaient, me rassuraient et m'aimaient en vérité...

Un fruit non désiré

Posté le 01.01.2008 par viou
A l'aube de l'automne,voilà maintenant trente cinq ans, j'ai éclos sur l'arbre de la vie.

Fruit non désiré que l'on a laissé éclore mais que l'on n'a ensuite ni choyé, ni protégé...comme si l'on souhaitait qu'il pourrisse et disparaisse au plus vite ! J'ai échoué sur cette terre et je me demande encore parfois pourquoi, pour quoi j'y demeure encore; pour quoi je me suis tant battue pour y grandir malgré tous les sévices et coups infligés à mon corps et mon âme depuis ma sixième année...

A l'âge où les enfants découvrent la lecture, les anniversaires entre copains et les jeux de récréation à la "grande école", j'aiappris,moi, à me dé-solidariser de mon corps ! A l'ignorer, à m'en évader mentalement. Il n'était que le jouet de ceux qui s'en amusaient et, douze années durant il a été ainsi battu, brûlé, violé "par jeu" pour assouvir les pulsions de trois hommes que le tribunal définira bien plus tard comme irresponsables parce que "malades victimes de leurs pulsions"... Mon corps était le siège de souffrances et de salissures que je devais taire (personne ne croit une enfant quand trois adultes la contredisent !)et dès que je croisais un miroir, je fuyais qon reflet qui me donnait envie de vomir... Ce que j'y voyais n'était rien d'autre que les blessures et brulures intérieures de cette écorce.

En m'évadant de ce corps, en coupant le lien avec moi, j'ai brisé la logique de la communication ! Comment apprendre le lien au monde, la communication avec tout autre quand on ne sait plus ni dire "je", ni parler tout simplement ?
Comment faire -et apprendre à faire- confiance à des inconnu(e)s lorsqu'au sein de sa propre famille, ceux à qui l'on aurait dû pouvoir tout dire, ceux que l'on aurait dû pouvoir suivre les yeux fermés vous ont menti, salie, battue et réduite au silence, à la soumission, à la honte en vous rendant par leurs mots et menaces coupable, responsable de leur(s) perversion(s)...!?

Je n'ai eu que deux véritables amis dans mon enfance et mon adolescence:
* Le papier...! sur lequel je couchais ce qui me rongeait de l'intérieur.
J'y déposais mes maux en flots de mots et de dessins, mes larmes et cris étouffés en gerbes de phrases inutiles (personne ne les a jamais lues et je les ai détruites il y a deux ans pour avancer vers l'à-venir...)

*Julien...
Compagnon de sport du club de gymnastique où j'avais trouvé un moyen d'évasion autant qu'une raison de croire que la vie pouvait être belle.
Julien avait mon âge, des yeux verts, des cheveux d'ange et un regard qui disait à lui seul tout ce qu'il était en vérité ! Il avait le coeur au bord des yeux, le sourire étincelant... Tout était calme et rassurant dans son attitude et, sans que je ne me l'explique, nous avons su tout nous dire sans un mot dès notre première rencontre. Chacun semblait lire en l'autre comme dans un livre et devinait les craintes, les plaies,les joies, les luttes, les espoirs et l'absence d'espoir...[/b][/b]
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